Interview de Gilles Serpry, auteur de Quand je serai grand, je serai moi, mais en mieux !

Gilles Serpry, coach et thérapeute, et qui accompagne cadres et dirigeants sur des problèmes individuels ou d’équipes, liés au changement, à la performance, au stress, etc, est également auteur de « Quand je serai grand, je serai moi, mais en mieux ! ». Un livre qu’il décortique, sa naissance, son contenu, ses objectifs, au cours d’une interview accordée à NLPNL Belgique.

Si vous désirez en savoir plus, Gilles Serpry sera à Rixensart-Froidmont le 16 juin 2015 pour présenter son ouvrage. Pour vous inscrire, cliquez-ici !

« Quand je serai grand, je serai moi, mais en mieux!» Comment est né ce livre ? L’idée d’écrire un tel ouvrage ?

gilles serpry L’idée du livre est née de mon expérience et de l’observation des personnes que j’accompagne. J’ai pu voir que, dans notre monde, nous sommes de plus en plus chahutés par de constant changements, la transformation des tissus familiaux et sociaux, la demande de performance. L’acquisition d’un savoir-faire individuel de gestion de ces changements devient un outil essentiel pour vivre bien. Ma volonté, mon désir: transmettre à un nombre de gens plus important, ce que je fais pour quelques-uns.

Tout le monde n’a pas nécessairement accès à un coach, et pour un certain nombre de personnes, un livre bâti sous une forme didactique permettant un auto-coaching me paraissait possible. J’avais envie de tenter le défi et de transmettre, par ce biais, un peu de mon expérience acquise en thérapie et en coaching.

Enfin, la rencontre avec Joëlle Jacques, qui m’a aidé à écrire, à entrer en contact avec un éditeur, a facilité la réalisation du projet. Sa vision extérieure m’a aidée à être pragmatique et à rester abordable pour tout lecteur. Nos rencontres régulières, et planifiées, m’ont permis de tenir un bon rythme de travail.

Peut-on parler d’un ouvrage autobiographique ? Dans le sens qu’il peut être le résultat de ton évolution, Gilles ? Dans une autre vie, tu gérais une pléthorique équipe au sein d’une grande entreprise. Puis, tu as pris une autre direction…

Je prends quelques exemples dans mon parcours personnel, c’est vrai. Toutefois, la grande majorité des situations de vie présentées viennent des personnes que j’ai rencontrées. Il y a une dizaine d’interviews de gens évoluant dans des univers aussi différents que le sport, les affaires, l’administration, le coaching ou l’armée. Elles permettent d’illustrer des approches qui sont à la fois différentes et qui contiennent des éléments communs. Aussi, de nombreux exemples de la vie privée ou de la vie de l’entreprise permettent de mettre en scène dans la vie réelle les approches décrites et de les rendre plus proches des lecteurs.

Il est vrai que mon parcours, comme entrepreneur ou comme manager avec des responsabilités importantes, que ce soit dans des petites, moyennes ou grandes organisations, m’a permis d’évoluer et de prendre conscience que quelque chose devait changer dans la façon d’accompagner les personnes dans les entreprises. Cela m’a amené à étudier les approches permettant de mettre en œuvre l’intelligence collective, de permettre le réengagement des personnes et de libérer leur créativité en les mettant les gens en situation d’être bien et, surtout, d’être eux-mêmes.

« Être pleinement soi », « Auto-coaching » : comment se présente concrètement cet ouvrage ? Un livre pratique, semé d’exercices, un ouvrage philosophique ?

Cover-face-définitifConcrètement, mon livre est un voyage à travers un modèle dont le but est de développer son excellence personnelle. Une partie de ce modèle est un héritage de Jan Ardui, avec qui j’ai collaboré. C’est un modèle enrichie, également, par ma propre expérience. En fait, ce modèle de développement personnel permet d’éveiller son excellence avec des exercices que l’on découvre à chaque chapitre.

On peut le lire rapidement pour s’en faire une idée générale. On peut aussi l’approcher en allant voir les domaines qui nous parlent le moins, et qui sont, sans doute, ceux qui sont à travailler en priorité. On peut aussi rapprocher une de nos problématiques de vie du modèle pour, ainsi, visualiser l’axe à travailler afin de débloquer la situation.

C’est un manuel pratique de pilotage de sa vie dans un monde qui vous apporte des défis continuels. Les exercices et certaines pratiques conseillées sont des moyens très concrets d’agir sur sa qualité de vie, de diminuer son stress, de vivre bien.

Je n’ai pas voulu faire un ouvrage philosophique, mais un livre pratique. Les deux derniers chapitres sont une ouverture sur une vision du monde qu’on pourrait peut-être dire philosophique. Néanmoins, pour moi, elle a pour but pratique de mettre le lecteur face aux réalités d’un monde qui évolue et à leur responsabilité de prendre en main leur évolution personnelle pour répondre aux défis qui leur font face.

Un monde chahuté, un monde bousculé, un monde dans lequel règne la célérité: toujours plus vite. Le travail, source d’épanouissement, ou servitude volontaire ? Travaillons-nous pour vivre, ou vivons-nous pour travailler ?

Le monde du travail ne cesse de se transformer pour aller vers des métiers faisant appel à la capacité créative et à l’innovation. Dans les années à venir, la technologie va encore accroître son empreinte au sein de l’entreprise. Le modèle de management dominant, issu du milieu du 20ème siècle et fondé sur une organisation hiérarchique, guidée par des processus et des règles, et régie par le contrôle permanent des performances, est au bout de ses possibilités. Les entreprises voient les limites de ce modèle avec le désengagement des personnes, le stress accru et la performance qui n’est pas au rendez-vous. Le bien-être au travail devient un thème majeur et beaucoup de médiatisation se fait autour de ce thème, à juste titre. Les entreprises font face à de nombreuses propositions comme l’entreprise apprenante (Peter Senge), la théorie U (Otto Scharmer), l’entreprise libérée (Isaac Getz), la sociocratie… et elles ont beaucoup de mal à se décider à transformer radicalement leurs habitudes ancrée dans un système culturel bien en place.

Ce que nous entendons souvent nommer « la crise » est, en fait, une manifestation d’une transition et technologique et sociétale que nous abordons aujourd’hui. Construire de nouveaux modèles nécessite de remettre l’humain au centre. De nos jours, beaucoup ont l’impression d’être prisonniers d’un système dont ils sont les esclaves. Beaucoup travaillent dans le stress et sans comprendre le sens de ce qu’ils font. Toutefois, il existe des entreprises, mais trop peu, qui mettent en œuvre de nouvelles approches, prémices d’un vrai changement possible.

Se réinventer en permanence, est-ce la, ou une, clefs afin d’être pleinement Soi ?

Je dirais les choses un peu différemment. Autour de nous, le monde change en permanence, et l’évolution technologique bouleverse la vie individuelle et collective. Dans les 20 ans à venir, cette mutation va s’accélérer et aura des impacts très importants sur nos modes de vie. Plus des 2/3 des métiers exercés dans les 15 à 20 ans sont, aujourd’hui, inconnus.

L’industrie va continuer à se transformer, à s’automatiser. Les métiers qui se développeront seront ceux qui ne peuvent se « robotiser » ; ce seront les métiers créatifs. Chaque personne sera amenée à changer plusieurs fois de métier dans une carrière, une notion qui n’aura, dès lors, plus vraiment de sens. La capacité à se remettre en question, en permanence, et à se réinventer régulièrement dans sa vie, à la fois, privée et professionnelle, sera une des clés pour vivre bien, sans se perdre. Apprendre à surfer sur le changement plutôt que le subir, et ce afin de rester Soi.

Ne jamais chercher à être ce que l’on n’est pas ? Est-ce devenu si difficile, de nos jours ? Ne sommes-nous plus acteur de notre propre pièce de théâtre ? Mais de simples spectateurs ?

Si l’on n’y prend pas garde, on devient vite prisonnier de l’hypnose collective véhiculée par les médias : avec des images corporelles, des images de réussites et des images de performances qui deviennent des obsessions. Pour